03 juillet 2008
Il y a trois jours, dans la chambre ensoleillée, les miettes du petit-déjeuner sur le lit, mon mascara a coulé, beaucoup, à cause d'une bataille d'eau entre amoureux, qui s'est terminée par des rires à n'en plus finir, et des photos sur les larmes, et la tristesse. Pourquoi pleure-ton, quand pleure-t-on. Des questions que je me pose souvent, moi qui ai toujours beaucoup pleuré, alors que je connais certains qui ne pleurent jamais. Je me souviens distinctement des premières fois où j'ai vu mes parents pleurer. C'était, sans doute, une chose que je croyais réservée aux enfants. Et pourtant, me voilà grande, du moins quand j'étais petite je considérais que vingt ans, c'était très grand. Et je pleure toujours. Parfois quelques larmes, et quelques fois de gros sanglots qui secouent tout le corps, la carcasse. Peut-être que l'on se sent vivant quand les larmes coulent ? Les pleurs sans larmes, uniquement des cris étouffés, les pleurs de colère, les pires peut-être, les larmes de fatigue. Il y a trois jours, dans la chambre, c'était de fausses larmes, et de faux pleurs.
Mais ce matin, la première chose à laquelle j'ai pensé en ouvrant les yeux, c'était à Ingrid B. Que faisait-elle à cette heure-ci ? Avait-elle dormi cette nuit ? Pas dans un lit, ça, j'en étais presque sûre. Qu'est-ce que cela faisait, pour une mère, de sentir après six ans l'odeur de ses enfants. Je crois que j'aurais senti les miens pendant des heures et des heures, avant même de leur parler. Et qu'est ce que cela fait, pour une femme, de retrouver les bras de sa mère. J'ai regardé sa déclaration, que je n'avais pas pu voir hier soir. Et sa descente d'avion aussi. Et là, sans que je ne me l'explique, je me suis mise à pleurer. De vraies larmes. De de de je ne sais pas, un sentiment inexplicable, pas vraiment le soulagement, et pas vraiment la joie non plus. L'impression de vivre un moment historique. Les larmes qui brouillent la vue et qui empêchent de voir son sourire incroyable. Ces images m'ont touchée je ne sais pas où précisément, mais là où il y a quelque chose qui vibre.
Est-ce parce que, ce que j'ai vu, c'est la vie ?
La vie qui est si jolie en ce moment, même si teintée d'amertume. Le goût de la dernière fois, celui que je déteste tant. Envie de courir partout, de faire des centaines de choses, de profiter de chaque instant. Quand je me réveille, la chambre tapissée des petits papiers de V qui me dit mille jolies choses. Les amis sont arrivés à Amesterdam, et demain on achète les billets pour les rejoindre. J'ai hâte de les voir, et surtout d'écouter leur(s) aventure(s). On compte s'enfermer pendant deux jours dans les salles obscures malgré le soleil si chaud pour profiter de places de cinéma à quelques euros. Et, bien sûr, les préparatifs pour l'Inde. Anouk qui a Le Routard comme livre de chevet, Papa qui s'entraine à prononcer les noms des villes. Mamallapuram. Chidambaram. Kanchipuram. J-13 aujourd'hui. L'exitation monte. C'est le moment que j'attends sans me l'avouer depuis près d'un an. Y retourner. Je ne pensais pas aimer ce pays. Je n'aime pas la chaleur, et pourtant j'ai apprivoisé la bouffée brûlante quand on ouvre la porte le matin. Je n'aime pas vraiment le bruit, et pourtant j'ai adoré le boucan des villes indiennes, les marchands ambulants qui proposent du thé en hurlant, l'homme qui donnait l'heure à cinq heures puis à sept heures du matin en passant de rue en rue, les aboiements des chiens sauvages la nuit, et le traffic fou. Je ne crois en rien, je suis athée convaincue, et pourtant.. je me sentais si bien quand on allait au temple avec Sumathi, l'amie hindoue, et qu'on déposait nos offrandes à Ganesh. Je n'aime pas vraiment la promiscuité, je suis même un peu claustrophobe, et pourtant les trajets en bus ont été de grands moments. Je trouvais certaines kitscheries ridicules, et surtout les danses dans les films... et pourtant, que j'ai aimé aller au cinéma là-bas. Et hier, chez A, en regardant La famille indienne, magnifique film de la "nouvelle vague" de Bollywood, je me suis surprise à bouger les épaules sur les musiques des danses, puis tout le corps. Et à chanter "Lejja Lejja". L'Inde m'a envoûtée. J-13.
Commentaires
Coucou !
Très goth, l'effet mascara qui coule ! Tu en avais mis un sacré paquet, dis donc !! Je suis une vraie pleureuse, moi aussi. Je crois qu'il ne se passe pas une semaine sans que je verse une larme, de joie, de colère, de tristesse, de rire. Une vraie fontaine... Et c'est rigolo parce que moi aussi, j'ai eu le coup de foudre de l'Inde ! Ca fait presque un an que j'y suis allée et ça me revient par vagues en ce moment, probablement à cause de la chaleur...
Bises !!!
ça te va bien le mascara qui coule pauline!tu es jolie comme un coeur. différente d'une série de photos à l'autre, mais toujours si pleine de charme et de vie!
moi aussi je suis une grande pleureuse. ça fait pas mal de temps que je n'ai pas pleuré là... quoique, ce matin, dernier jour de maternelle de marius, la larme n'était pas loin, j'ai filé...et là, je viens de laisser partir mes deux grands pour 15 jours.
ça fait du bien de pleurer, c'est mieux que de contenir son chagrin.et là, ta vie est vraiment riche en émotions.
espère te voir avant ton départ, vraiment, vraiment.
Ah bon ? Je ne suis donc pas la seule fille qui pleure pour rien, juste comme ça, sans vraiment savoir pourquoi ?
Tu me donnes des frissons quand tu parles de l'Inde, et tu me donnes de plus en plus envie de m'y envoler... Et pour Ingrid B., même émotion ici. Des larmes, qui m'ont rappelé celles que j'avais eu à un autre moment historique, même si là c'était carrément dramatique, les attentats du 11 septembre.
j'aime beaucoup ta façon de mettre des mots sur des moments, des émotions...
pleureuse aussi, une grosse pause parce qu'à force de chagrin, un jour elles ont arrêté de couler et puis j'ai démoli le mur derrière lequel je me cachais....et ré-ouvert les vannes et je pleure de nouveau.
Ne jamais, jamais d'arrêter de pleurer.
quand à Ingrid Bétancourt, des émotions à ras bord, tellement c'est fort et je me retrouve bien dans tes questionnements par rapport à ses enfants, par rapport à sa mère...
L'inde je ne connais pas mais un jour peut-être... en tout cas ton enthousiasme est communicatif!
Je me définis souvent comme lacrimale, je pleure peut être autant que ce que je ris. L'émotion, la joie, la peur, la tristesse et parfois même la fatigue, tout ou presque est pretexte aux larmes chez moi. Mais je préfère encore être comme cela, entière, sensible et "humaine"...
dans le cinéma de bollywood, il y a devdas et swades
qui sont mieux que la famille indienne... qu'est-ce qu'on a envie de porter ces couleurs et danser danser!
rien ne m'énerve plus que d'entendre "pleurer, ça sert à rien". Au contraire, je pense que pleurer, c'est comme rire, sourire, c'est exprimer et libérer une émotion, c'est donc vivre! Alors pleure ma belle, c'est si bon parfois...
l'Inde, pourquoi pas, je rêve d'aller voir le Taj Mahal...
Jolie petit frimousse peinte au charbon, j'ai toujours beaucoup pleuré aussi, parfois sans raison, juste pour vider le trop plein. En ce moment c'est pire il suffit que je regarde ma fille et la larme vient, le trop plein d'amour peut-être?
ah bah tu vois que t'as envie de courir, héhéhéhé!!!
quelle belle bande de pleureuses nous faisons les copines!!!
Je pleure moins. Non que je n'aime pas les larmes, au contraire. ET puis les tiennes, je les sais forcément sincères. Les miennes se font plus rares, mais plus grosses et plus douces depuis qu'elles sont accompagnées de mots.
quelles belles photos...
les pleurs... si difficiles à évacuer pour moi quand la douleur est trop forte... mais je me soigne et en ce moment je pleure très svt !
Pour Ingrid, moi aussi j'ai chouiné. peut être parce qu'on se transpose un peu (imaginer la privation puis les retrouvailles avec ses enfants) et puis je crois que les gens forts et dignes me font pleurer (est-ce qu'on peut pleurer d'admiration ?). Je sais que quand j'écoute soeur emmanuelle ou georges charpak parler, j'ai les larmes aux yeux.
sinon, il faut absolument que je te montre un petit strip que j'avais fait sur mes séances mascara-salle de bains quand j'avais ton âge (hum, hum, no comment sur l'âge du capitaine ! :-).
Moi aussi je suis une grande pleureuse. Mais toujours en cachette. Quelquefois ce sont des larmes de tristesse, d'autres fois des larmes de joie ou de fatigue. Mais ça fait toujours du bien de pleurer je trouve.
tu donnes me donne envie, envie d aller danser là bas avec toi, loin en Inde...
T'es belle avec ton mascara qui a coulé ! Et comme c'est à cause d'une bataille d'eau, et pas à cause de tristesse, c'est bien plus sympa.
Moi je suis une vraie pleureuse, une pleureuse facile, et parfois j'aime ça.
Pleurer c'est vivre et ça me fait rebondir sur une chanson que j'adore de renan luce, Lacrymal Circus...
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