17 juin 2008
Il y a cette ruelle, celle où il y a un long muret en briques rouges et la maison mystérieuse tout au fond. C'est la ruelle des vendredi. Une après-midi, tu m'avais raccompagné, mais on s'était arrêté là, dans la ruelle, et on avait parlé parlé parlé. Le rituel s'est installé doucement. Et tous les vendredi, on se retrouvait là. Même s'il pleuvait très fort, même si les toits des voitures portaient deux centimètres de neige. Même si la nuit était tombée, même si on savait qu'on allait louper le dîner, même si mes parents me demanderaient encore où j'étais passée. On restait de plus en plus tard, à parler, ou à ne rien dire, à courir, à escalader le muret de briques, à rire, à cueillir des fleurs. Un soir de février, au moment où je partais, tes lèvres se sont penchées sur les miennes, mais je me suis dégagée d'un mouvement brusque. Le lendemain, je recevais une lettre pleine de remords et de pardons. On ne s'est plus parlé pendant un mois, puis, un vendredi, on s'est retrouvé dans la ruelle tous les deux. Et puis le vendredi d'après, et celui d'après encore. La vie reprenait son cours. Et, un soir, bien plus tard, ce fut moi qui me suis blottie contre toi, et qui ai posé mes lèvres dans ton cou. Oh la douceur, oh l'inquiétude, oh l'émerveillement du baiser au garçon de quinze ans ! Oh le silence qui a suivi, oh tes yeux plongés dans les miens ! Quelques semaines après, mes parents étant partis pour deux jours, nous avons monté une expédition. Aller voir un Lubitsch à l'Action Ecoles. Il n'y avait pas grand monde dans la salle ce soir-là, et encore moins de gens de notre âge. On ne s'est pas tenu la main, on ne voulait surtout pas être "comme les autres" ... Tu m'as glissé "bon film" quand les lumières se sont éteintes, et je me suis dit qu'on ne m'avait jamais souhaité ça. Ensuite, tu es venu avec moi, dans ma maison vide. On s'est fait un dîner, et on a parlé toute la nuit. Quand tu es reparti au petit matin, alors que nos lèvres ne s'étaient encore jamais rencontrées, j'ai su qu'on allait vivre des moments inoubliables. Toi le garçon qui aime le rose, qui se maquille quelques fois les yeux au crayon noir, toi dont les rêves sont emmêlés aux miens, toi que j'ai vu devenir un homme, et toi que j'ai quelques fois deviné enfant. Toi qui me fais mourir de rire, toi avec qui je peux danser à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Toi qui pleures, toi qui t'es opposé à tes parents pour faire une hypokhâgne alors que tu étais un scientifique, toi qui couds mieux que moi, et qui repasses aussi mieux que moi, même les housses de couette. Toi dont le prénom commence par un V comme un oiseau dont les ailes se mettent à battre, V comme tes bras qui s'ouvrent en grand quand je descends d'un train et que tu m'attends sur le quai, toi avec qui je suis allée à Londres, à Amsterdam, en Inde, à Bruxelles planter les graines des souvenirs qui grandissent en nous, toi qui dis "darling en goguette" pour me faire sourire, toi qui écris les plus belles lettres d'amour. Toi qui joues du saxo comme un jazzman, toi qui m'attrapes la main et qui te mets à courir très vite parce qu'on va encore rater la séance. Toi qui m'encourages toujours, qui me connais mieux que personne, toi qui fais semblant de ne pas me voir quand je me cache pour te surprendre. Toi qui lis Shakespeare et toi qui m'offres des fleurs. Toi qui écris chaque soir dans ton petit carnet les moments passés ensemble pour ne pas les oublier, toi qui m'a aussi appris la douleur, et la souffrance qu'il y a à aimer, toi mon amant, toi mon amoureux. Tant que tes yeux restent plongés dans les miens, le monde peut s'arrêter de tourner, je m'en fiche.
22 mai 2008
Ma maman m'a offert des roses du jardin pour mettre au studio / Nathan a soufflé ses seize bougies sur le gâteau en forme de terrain de rugby que je lui avais fait, et ma foi il avait l'air content / Mais il aura aussi le fraisier de maman comme chaque année / J'ai fini les cours et les partiels, je ne retournerais à la fac que pour fignoler mon voyage d'échange à Montréal pour septembre prochain / Je suis donc en vacances / On part à Bruxelles avec mon amoureux / J'ai bu aujourd'hui un excellent thé "le genmaïcha est un thé composé de thé vert Sencha, de grains de maïs et de riz torréfiés au goût très original, fin et délicat de noisette grillée" en écrivant dans mes différents carnets, les pieds nus, et le nez dans les roses.. délicieux moments que je passe seule en attendant qu'il rentre du saxophone / J'attends l'Inde / J'en reviens pas d'avoir vingt ans et je me dis qu'il serait temps de faire quelque chose de ma vie / J'ai vu mes amies hier, elles étaient printanières, elles étaient belles / Je vais ranger dans mes grandes boîtes rouges les cours de cette année qui sera définitivement derrière moi, une année tellement étrange, je trouve qu'elle sera bien mieux dans mes boîtes / J'ai envie d'ouvrir une nouvelle page de ma vie, et je veux y arriver, j'y crois fortfortfort / J'ai eu 15 à mon devoir sur les intertextes dans Blanche ou l'Oubli dont j'avais un peu parlé ici / Dehors le soir tombe, Anouk va chercher un pull et on dîne sur la terrasse /
23 avril 2008
Hier je retombe donc sur ces photos "au chapeau" et aujourd'hui, en travaillant mes cours de cinéma, je croise cette phrase de Bonitzer "Le regard-caméra, le regard dans l'objectif est en effet un lapsus où se trahit le désir : celui de l'Autre, hors-champ"...
Alors je pense à ce passage sublime de Monika de Bergman, où elle lance comme un défi ce regard qui nous cloue littéralement sur place... J'ai envie de le mettre ici, même si ce n'est vraiment pas la même chose qu'au cinéma, dans une salle obscure, quand, au bout d'une heure de film, elle nous regarde ainsi...
Godard dit que "c'est le plan le plus triste de l'histoire du cinéma"..
Je n'en suis pas si sûre..
14 avril 2008
Petit clin d'oeil aux tartines de sidonie, une photo de mes bottes prise dans le métro...
Et une photocopie de ma période
je-photocopie-tout-ce-que-j'ai-dans-mes-poches-une-fois-par-jour..
Ici un vieux collier de perles de bois, la recette du lassi à la rose, une pince à linge rose, un paquet de chewing-gum, et une photo de moi en mousquetaire.
Ca m'a fait tout drôle de la retrouver..
05 avril 2008
Quelques minutes après, les deux demoiselles des photos d'en-dessous se retrouvaient... sans dessus dessous ! Bon, promis, j'arrête avec cette série du RER, mais j'avais envie qu'elle ait une place ici..
04 avril 2008
01 avril 2008
Sur la ligne du RER B en direction de Paris, entre Bourg-la-Reine et Bagneux, juste avant de passer sous un pont, on peut voir, à notre gauche, une croix plantée dans le talus. C'est une petite croix blanche, entourée amoureusement de briques qui semblent la protéger de tous les vents. Malgré les années, elle tient bon. Est-ce la croix d'un chat mort, ou d'un chien, d'un objet perdu, d'un enfant peut-être même.. ?
Plus loin, juste avant Laplace, il y a cette maison au crépis ocre et aux volets rouges dentellés. Et à la vieille femme qui arrose ses géraniums, quelque soit le temps, en regardant le train passer.
Et ça me donne envie de revoir L'amour existe de Pialat..
28 mars 2008
J'aime bien le vendredi parce que je ne travaille pas. Alors ça fait de longs week-end, et le vendredi soir, c'est la liberté parce qu'il nous reste encore beaucoup de temps ! Mais aujourd'hui, ici, il pleuvait. J'ai quand même décidé d'aller me ballader et j'ai trouvé un foulard tout doux et très grand pour s'enrouler dedans. Il est vert anis, rose, noir, avec un peu de blanc et de gris. Je suis très contente.
/Merci beaucoup de votre accueil, ça me touche énormément !/













