12 mai 2008
Les jours passent, le diable est derrière moi, enfin rendu à la bonne heure, le bon jour, sentiment de satisfaction, mais en même temps on se dit qu'on a oublié quelque chose, forcément. Puis on est parti deux jours, alors que les parents étaient en week-end dans le sud, avec les petits et des amis. On a dormi sous la tente, et ma petite soeur et moi sommes revenues avec pleins de nouvelles taches de rousseur, comme chaque fois qu'on met un peu le nez au soleil. Encore une semaine difficile et après je pourrais penser au printemps. Pour l'instant mes nuits sont blanches, bercées par le tapotis de mes doigts sur le clavier. Je vois le soleil se lever chaque jour, j'entends les oiseaux chanter de plus en plus tôt et les grenouilles de la mare du voisin s'en donner à coeur joie. J'attends Bruxelles, j'écoute les amis exposer leurs projets d'été, Amsterdam, Lacanau, Bayonne, Lorient, et je cherche un stage dans une librairie. A la BU de la fac j'ai découvert qu'il y avait déjà quatre mémoires écrits sur le dramaturge que j'ai choisi pour mon propre mémoire, dur coup je dois l'avouer, mais ce qui me console un peu, c'est ce projet flou d'une librairie-salon de thé qu'on ouvrira un jour avec une amie. On aura un chat que tous les clients appelleront par son nom et on y vendra des tapis et de la vaisselle d'Inde car on aura mis en place un système de commerce équitable avec des gens de Pondichery. Des fois, c'est doux de rêver à quand on sera grands.
06 mai 2008
démons
En ce moment, je travaille nuit et jour sur un dossier à rendre pour mon cours sur le cinéma d'épouvante américaine. Il s'intitule "Nowhere and fast", la figure du diable dans Twin Peaks, Fire Walk With Me de David Lynch (1992) ; étude comparative avec Le Horla de Guy de Maupassant, Démons et Merveilles de Howard Phillips Lovecraft The Exorcist de William Friedkin, Délivrance de John Boorman et 2001 : l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick. Je trouve que ces photos sont tout à fait dans une ambiance lynchéenne, il y a le rouge et le noir, le reflet de l'écran dans mes lunettes... pour un peu, je serais moi-même transformée en figure du diable ! Il faut dire que ce sujet m'obsède, qu'il est très pesant et que j'ai très envie d'en finir avec lui. Mon amoureux m'emmène à Bruxelles fin mai ou début juin, quand on aura enfin une trève dans nos travaux respectifs. J'ai hâte de sortir la tête de cette esthétique glauque et d'enfin respirer le printemps comme ces jours-ci chez mes parents, de profiter des petits verres de vin rosé sur la terrasse, et de découvrir cette ville dont on m'a tant parlé, et qui semble cacher tant de merveilles.
03 mai 2008
verres de rouge et vert de rage
Du vert pour celle qui signe pivoine rose, trois verts différents en fait, celui de mon grand arbre, si majestueux ; celui que mon macbook me met aux joues avec une de ses fonctions rigolote, en m'enlevant mes taches de rousseur au passage, que c'est étrange de se voir avec une peau "sans rien", pour un peu je me sentirai nue ; et celui de mon petit arbre, qui est en fait un bouquet de persil, mais dont je peine à me servir tellement il me fait penser à une espèce d'arbuste qui serait disparue et miniature.. Qu'est-ce qu'on peut s'inventer comme histoires sur les objets de la maison, n'est-ce pas ? ( Oh et puis il y a plein de vert aussi dans le billet précédent, moi qui pensais que c'était une couleur qui ne m'inspirerait pas, il faut croire que finalement si.. ça sent le printemps ! )
01 mai 2008
Mes parents, et les "petits" habitent une maison tout près de notre cocon, une maison un peu particulière qui fût la mienne et qui l'est toujours quand je rentre me faire cajoler ou quand on vient après dîner, pour le dessert, pour travailler le latin avec les parents, pour regarder FBI portés disparus le lundi soir, ou pour discuter de tout et de rien... C'est une maison sur pilotis, pour y entrer il faut monter la passerelle qui mène à la porte d'entrée, une passerelle comme celle d'un bateau. Sur un des balcons trône un ours, oui pourquoi pas après tout, là il tient le tuyau d'arrosage mais ce n'est pas toujours le cas, ce que j'aime c'est voir la chatte de la maison toute petite entre ses grosses pattes. En ce moment, on garde et la maison et la chatte parce que toute la famille est partie en vacances, alors on dort dans la chambre d'amis qui a la couette la plus moelleuse du monde, les lilas sont en fleurs, le blanc et le parme, et tout le jardin s'éveille comme après un long sommeil. Sous les pilotis de cette maison, il y a une autre maison, très ancienne, et aussi très abimée par les années. C'est cette maison-là que nous allons habiter l'année prochaine, après l'avoir un peu retapé. Je serai à nouveau près des petits, de mes parents, et de mon chatchéri, je pourrai rejouer de l'accordéon dans le jardin, accompagnée par la guitare de mon frère, mon amoureux continuera de prendre des cours de cuisine avec mon papa pendant que je parlerai pendant des heures avec ma petite soeur qui grandit si vite, et je surveillerai de plus près le boulot planté pour mes dix-huit ans.
30 avril 2008
Aujourd'hui j'ai eu envie d'aller à Paris - j'habite en banlieue, vraiment pas loin pourtant, mais je devais absolument travailler - alors pour me consoler j'ai décidé de faire le questionnaire sur ma ville chérie, arpentée dans tous les sens, à pieds, en bus, en métro et RER, à vélo, sous la pluie, mais surtout au printemps ; en secret, plus jeune, avec mes amies, j'ai découvert les cafés égyptiens, j'ai manifesté en battant le pavé, j'ai bu de l'alcool dans des cafés en mourrant de trouille de croiser un ami de mes parents, je suis allée à mes premiers concerts, j'ai pris le dernier métro, pompette à Saint Michel, un soir d'été ; puis, à deux, Paris en amoureux, notre premier rendez-vous pour voir un Lubitsch à l'Action école, une longue après-midi à la Samaritaine avant qu'elle ne ferme, des heures et des heures à se montrer les trucs qu'on aime, les trajets de son enfance, quand il habitait Paris et mes souvenirs parisiens à moi, quand mes parents m'emmenaient manger un bout chez Polidor, ou quand j'allais chez Gibert avec mon papa et que je me sentais grande, quand on allait à la Pagode voir un film sans les "petits" ; et enfin mon Paris de maintenant, mon Paris d'étudiante, enfin, après deux années en prépa dans une autre banlieue, ma fac, et les cafés autour avec les copains, la fac de médecine et la Sorbonne, le quartier latin donc, où étudient mes amis et mon amoureux, Notre-Dame que je croise deux fois par jour, et qui, chaque fois, est différente, comme sur les tableaux de Monet, le quartier de la gare du Nord aussi, mon petit coin d'Inde à moi, et puis le jardin des plantes et le thé à la mosquée quand il fait beau, les salles de concert, les appart' des uns et des autres qui commencent à s'installer, un théâtre du 18ème où a lieu la lecture de la pièce de mon papa...
Mon magasin préféré, ce serait le Bon Marché, parce que c'est beau, que l'épicerie est une perdition, qu'il y a même une librairie, et qu'on y trouve toujours un petit quelque chose de chouette. Et aussi pour les grands escalators, et le coin des décorations pour les sapins de Noel qui m'a fait rêver petite.
Mon restaurant préféré est sûrement ce petit libanais dans le coin de la rue Mouffetard, où on est toujours accueilli les bras ouverts, ou bien ce tout petit restaurant vietnamien, tenu par un ancien prof de philo au Vietnam, les murs sont couverts d'ouvrages communistes, les prix sont imbattables, il adore les étudiants et le boboun est délicieux ( parole de connaisseuse ).
Mon musée préféré est le Palais de Tokyo, pour la vue sur la Tour Eiffel, pour le photomaton quatre poses qu'ils ont installé cette année, pour les expos qui sont souvent géniales, et pour la cafet' où on peut manger de chouettes choses.
Mon monument préféré, c'est le lion de Denfert, parce que quand j'étais petite et que je le voyais, ça voulait dire, au choix, qu'on partait, ou qu'on revenait. Il marquait dans ma tête d'enfant la démarcation entre Paris et sa banlieue, et il faut aussi dire qu'il est très impressionnant !
Ma station préférée est Maubert-Mutualité, parce qu'elle est dans le quartier que j'aime, et que dans la station même, il y a des lumières qui bougent, et ça, c'est rigolo.
La photo n'a rien à voir, ouioui, mais quand on parle de Paris, je ne sais jamais quoi choisir, et puis je trouve ça toujours un peu cliché -sauf les photos des foulées parisiennes de vous savez qui par exemple ;) -
28 avril 2008
i.n.d.i.a.
Nous sommes partis en juillet dernier, après avoir acheté nos billets un peu sur un coup de tête en décembre, tous les deux en amoureux, sac au dos, direction l'Inde du Sud. On a rencontré des gens formidables, on a pleuré, on a ri, on a eu peur, mais surtout on a été émerveillé. Hypnotisés par ce pays si beau, si coloré, tellement incroyable. Un des derniers jours, nos nouveaux amis nous ont montré comment faire un kollam, ces dessins que l'on trouve chaque matin devant les portes des maisons et qui éloignent le mauvais oeil. Nous avons passé quelques heures tous ensemble à faire un kollam de fête, plus grand, plus coloré que les kollam "quotidiens". J'ai su à ce moment que je reviendrai, que je ne pourrais pas partir sans me retourner. Deux jours après, je pleurais dans l'avion du retour.
On repart le 15 juin, et cette fois j'emmène ma petite famille avec moi. J'ai tellement hâte de voir les yeux grands ouverts des "petits" et la fascination gagner peu à peu, je l'espère, mes parents. Un voyage en famille, comme c'est arrivé trop peu souvent. J'ai hâte de sentir cet air brûlant me prendre à la gorge à la sortie de l'aéroport, sentir les odeurs des fruits mûrs, avoir chaud, beaucoup trop chaud, mais ne pas y faire attention.. Revoir les amis, les villes qu'on a chéri, retourner aux temples avec des noix de coco, et hisser un gamin sur un éléphant. Marcher pieds nus, avec des bracelets aux chevilles, tresser ses cheveux avec du jasmin, et se laisser tatouer les paumes au henné, regarder les milliers de tissus et ne pas savoir choisir, boire des chai, et manger des mangues, aller les cueillir sur les arbres, retourner à la fabrique de papier de Pondichery.. Vivre à l'heure indienne, encore.
24 avril 2008
Voilà deux ans maintenant qu'on habite ensemble avec mon amoureux un tout petit studio. Pour le rendre plus gai, on avait décidé d'en faire un endroit tout coloré. On a trouvé la structure du canapé un soir dans la rue, on l'a repeinte en noir et puis on a découpé de la mousse qu'on a protégé d'un tissu rapporté d'Inde. Ce n'est que de bric et de broc, mais on l'aime fort ce petit cocon, notre premier endroit à nous. Cet été, on déménage dans une maison, avec un jardin à côté. On veut du blanc, et aussi des couleurs poudrées. Mais c'est sûr qu'on gardera toujours dans un coin de nos têtes ce mur rose, peut-être pas peint avec du farrow and ball mais avec tout notre amour.
23 avril 2008
Hier je retombe donc sur ces photos "au chapeau" et aujourd'hui, en travaillant mes cours de cinéma, je croise cette phrase de Bonitzer "Le regard-caméra, le regard dans l'objectif est en effet un lapsus où se trahit le désir : celui de l'Autre, hors-champ"...
Alors je pense à ce passage sublime de Monika de Bergman, où elle lance comme un défi ce regard qui nous cloue littéralement sur place... J'ai envie de le mettre ici, même si ce n'est vraiment pas la même chose qu'au cinéma, dans une salle obscure, quand, au bout d'une heure de film, elle nous regarde ainsi...
Godard dit que "c'est le plan le plus triste de l'histoire du cinéma"..
Je n'en suis pas si sûre..
21 avril 2008
Mon anniversaire m'a rappelé la fête d'anniversaire de mon amoureux, au mois de novembre, où le thème était le rose, sa couleur préférée : ) Pinkparty donc, avec une machine à barbe à papa, tout un repas rose, et des badges pour les invités portant chacun le nom d'une nuance de rose différente, allant du blanc rosé au prune.. Ainsi pour la soirée nous nous étions baptisés zinzolin et cuisse de nymphe.. J'en garde un très bon souvenir.
Et une photo retrouvée cette après-midi ( décidemment je ne l'aime qu'au féminin, après-midi ) en rangeant un petit peu mon ordinateur à Beaubourg où j'étais censée travailler sur les intertextes chez Aragon. Hem !
20 avril 2008
Pfiou ça y est, j'ai fêté mon anniversaire.. Trente personnes à la maison, c'est si chouette de voir tous ses amis réunis, on a beaucoup dansé, on a beaucoup ri, et j'ai beaucoup dormi aujourd'hui ! Je me souhaite de pouvoir garder ces deux visons de ce qui m'entoure, la floue qui me charme tant, et celle plus aiguisée, plus détaillante. J'ai absolument besoin des deux, et d'ailleurs il faut que je me dépêche d'aller faire changer la correction de mes lunettes parce que pour l'instant je plisse les yeux comme une petite vieille mais je l'aime tant mon monde flouté !


























